Les copains de Chichou le dépassent d'une tête ou deux, ont de grandes chaussures, la voix qui commence à muer
pour certains..., voire la barbe naissante, purée. Les filles, pareil, sauf pour les chaussures, la voix et la barbe. Elles, elles ont le rire et le rougissement faciles. Elles trouvent les
garçons idiots, avec leur humour gras... Soyons francs, j'aime pas les ados.
Un billet d'honneur de primaire, scanné pour la postérité.
La maîtresse du chichou est partie en croisière à Pâques, le bateau a eu du retard sur le retour c'est comme ça qu'on l'a su ; la maîtresse de la choute passe le week-end de la pentecôte à Barcelone. Si l'on regarde les choses de manière superficielle, on peut dire que le métier d'instit, ça paye.
Il fait tellemend chaud aujourd'hui que la Tour Eiffel a décidé d'aller se faire pendre ailleurs...
On aura remarqué que le système éducatif français, à la maison comme à l'école, est, en gros, spontanément davantage enclin à menacer-réprimander-sanctionner qu'à valoriser-récompenser-complimenter. Différent du système, ou de l'état de fait plutôt, américain, par exemple, au moins au sein de certaines familles, paraît-il. Différence de cultures sans doute...
Je fus la première outrée quand je vis dans un magasin une gamine hurlante à laquelle sa mère disait, criait en fait, de se calmer tout en lui proposant de lui offrir 1000 choses... L'antithèse de Super Nanny. Mais je ne sais pas, je ne sais plus. Comme disait Gabin, plus on avance en âge moins on sait. C'est tellement vrai, pour certaines personnes, pour certaines choses/dans certains domaines en tout cas (et plutôt faux pour d'autres). Super Nanny était sûre d'elle, c'en était clair et rassurant. Mais par trop tranchant. Dolto aussi était sûre d'elle, dans un autre genre, pas si éloigné en fait.*
La question des cartes de comportement en classe, avec points verts ou rouges, est relativement troublante. A plus de deux points rouges - qui dénotent un mauvais comportement, irrespectueux des autres, perturbateur - on a une punition (genre 100 lignes à faire). Mais à plus de deux points verts, voire la carte pleine, débordante de vert, on a nada, juste sa "self-esteem" (Mais où sont passées les belles images ? Trop désuètes, matérielles ou chères à imprimer ? Pourquoi pas des cartes Pokemon ou Yu-Gi-Oh ?...). L’appréciation est certes reportée (dès la maternelle) dans le bulletin, mais ne compte pas pour la moyenne chiffrée en CM2. Judéo-chrétiennement, moralement, ça se tient. Enquête menée au plus près, le spectre de la sanction effraie bien les plus sages ; mais elle ne motive visiblement pas suffisamment les détenteurs de points rouges (frondeurs ou/et inconscients, gaiement agités ou effrontément égoïstes ?) de les troquer contre des verts. Il faudrait songer plus souvent à prendre le problème autrement, par le biais de la récompense. (Pourquoi ne pas offrir quelques faveurs - des points supplémentaires ? - aux bons conducteurs automobiles, par exemple ?)
Une carte de conduite du chichou.
La choute, depuis quelques jours, me demande inquiète, sans que je l'y ai jamais incitée, ça doit venir de l'école... : "Si je ne fais pas ce que tu m'as demandé (= m'habiller, par ex.) tu ne feras pas ça pour moi (= jouer, par ex.) ?" Et moi, bêtement, de sauter sur l'occasion (car je vois que ça marche). "Exactement." Mais même retourné positivement, "Si tu fais ça pour moi, je ferai ça pour toi.", ce n'est pas naturel, ce marchandage, quand on a envie que le "bien-faire" et le "savoir-être" soient gratuits. Ton père et ta mère, tu respecteras, un point, c'est tout, je finis par avoir envie de dire. Je finis par le dire..., au Chichou, plus âgé donc mieux à même de comprendre, et de mesurer et prendre en compte mon état de saturation parfois ; je lui ai expliqué que ma patience était contenue dans une bouteille qui était presque vide... Il aime bien les images.
Pinocchio en son temps eut du mal avec sa conscience. Et ce n'est finalement que par le courage et l'abnégation, induits par l’amour filial, dont il fit preuve face aux dangers encourus par son père, prisonnier de Monstro, qu’il vit la lumière. Sa récompense fut de taille puisqu'il devint un vrai petit garçon. Il ne faut pas croire que le dessin animé de Disney, ici ma seule référence, soit manichéen. Jiminy Cricket élevé au rang de Conscience, se remet en question devant le succès du pantin Pinocchio dans le spectacle de Stromboli. Et les affres dans lesquels Pinocchio, immoral car innocent (tout un débat), est plongé sont grands.
L’idée, qui a fait long feu je crois, de payer des élèves pour qu'ils viennent en cours paraît évidemment, philosophiquement et déontologiquement, inepte et scandaleuse, mais il ne faut pas oublier d'y voir le fruit de constats et de réflexions par rapport à une expérience de terrain. D'où, l'autre idée, qui s'applique plutôt mal que bien, de remettre les cours de morale à l'ordre du jour, mais pas vraiment au goût.
En France, on n'est pas comme les Scandinaves (en majorité), on n'est pas aussi nombreux à être disciplinés comme qui dirait par nature. Et encore les Français qui se croient disciplinés le sont moins que les Scandinaves disciplinés. Pour ce que j'en connais, toujours. Nous, on ne traverse pas volontiers "dans les clous" juste quand le petit bonhomme est vert.
Aucun précepte dans mes divagations, juste des bribes de pensées. Conclusion quoiqu'il en soit : globalement, on n'est pas assez valorisant et valorisé. Idem dans le monde professionnel. Et en plus, le pire, c'est que là, ceux qui s'y comportent mal sont rarement punis, au contraire même.
* En fait, quand on doit élever/éduquer des enfants, on peut se perdre un peu parce qu'on a des idées et envies précises, souvent ambitieuses, et que ces théories (= comment il est/on nous dit de faire + comment on veut/peut, consciemment ou inconsciemment, soi-même faire) se heurtent à la, parfois dure, réalité et se frottent à l'environnement aussi (= comment est votre enfant, à l’évolution duquel il faut constamment s’adapter, et comment font les autres parents – « Pourquoi lui a plein de DS et moi aucune ?») et là il faut faire preuve de pragmatisme, faire de la realpolitik tout en restant fidèle à ses idéaux voire principes. Difficile si on y réfléchit, vous dis-je. Le mieux (?) restant peut-être de réfléchir le moins possible, alors...
Lundi, par temps particulièrement médiocre, c'était le jour de la photo de classe. Foin des photos en extérieur sous les marronniers. Les arbres ne sont plus en odeur de sainteté dans les cours d'école, d'après ce que j'en vois. Paraît qu'ils sont dangereux ou c'est une fausse rumeur. Il n'y en a pas plus dans les éventuelles cours des crèches nouvellement construites, sécurité oblige, la terre étant, comme chacun sait, pleine de saletés.
Bref, la photo des CM2 s'est faite dans une classe de maternelle. Chichou a été placé au 2e rang. "Ah, tu as grandi, alors ?" Fait remarquer son père, genre content. "Non, les plus grands étaient assis devant" (du coup, on ne sait plus qui est grand, non ?). Quant à la choute, sa photo n'a pas eu lieu, elle n'a pas su expliquer pourquoi. Aujourd'hui peut-être, ou alors demain... En tout cas, elle avait un gros trou dans son nouveau collant. "Parce que j'ai tiré sur le filet" (= fil, lequel dépassait), m'a-t-elle dit, un peu navrée.
En ce moment, plongées nous sommes dans Fantasia. C'est beau, mélodieux, sans parole stridente, d'une grande sérénité. La choute aime particulièrement Mickey apprenti sorcier et les petits chevaux (licornes, Pégase(s), satyres et centaures - masculins et féminins !)...
Ouverte, fermée. Tandis que le crayon, tenu par l'autre main, dessine les contours extérieurs des doigts et de la paume. Puis on ajoute quelques petites choses et l'on colorie. Et ça donne, rapidement, de sympathiques dessins.
Une pieuvre (main de la choute).
Une autre pieuvre (ma main).
Une tête de cochon (la choute, euh, non, sa main).
Une autre tête de cochon (la mienne, de main).
Une méduse (mais oui, c'est écrit au-dessus).
On peut faire plein d'animaux, des canards, chevaux, rennes, chats, grenouilles, etc., etc., avec Dessine avec les mains, chez Mila Editions (qui ne m'ont pas payée pour la publicité, mais ce n'est pas grave, je ne suis guère vénale).
Plus de temps à l'école (on est mené en bateau), ça en fera moins pour crayonner à la maison.
J'ai surfé sur le web de bon matin pour me mettre au parfum sur Jules Ferry avant qu'un hommage ne lui soit rendu. Intéressant. De Ferry je suis passée à Clemenceau. Clemenceau m'a amenée à Rose Caron (cantatrice, compagne). Rose Caron à Cecilia Beaux (peintre américaine, portraitiste). Cécilia Beaux à Ernesta. De fil en aiguille tous les chemins mènent à Rome...
"Trop mignonne", ça pourrait s'appeler comme tableau.
Heureusement, ça s'appelle Child with nurse.
Pas de polémique, ce tableau est beau.
Aujourd'hui je suis géographiquement très proche de l'événement national sans pouvoir le voir (juste un peu de BFMTV sans le son tout en travaillant...)*. Personnellement, je m'inquiète, me demandant si je vais pouvoir passer en vélo par mon chemin habituel de retour près l'hôtel de ville.
(Chichoute ou Maman sur son vélo, vues par Mari.
Soleil et coloriage par Chichoute.)
*Suis allée, vers 14 heures, avec une collègue, jeter un oeil aux Tuileries, sur ma pause médiane d'une demi-heure que je n'utilise quasi jamais. Quand j'ai voulu prendre LA photo, je vous le donne en mille, batterie vide... Quand on est revenues, silence de plomb, de la part de celles qui avaient pris leur pause médiane auparavant.