Pas celle de la télé, la nôtre.
La nanny du chichou. Sa grand-mère paternelle. Ma belle-mère.
A l'opposé de la belle-mère redoutée. Je me demande ce que j'aurais fait si j'avais eu une belle-mère redoutable d'ailleurs. Mais je n'ai pas à m'en inquiéter, car j'ai eu beaucoup de chance.
Quand on le lui demande, aussi lontemps qu'il est nécessaire, ma belle-mère se rend disponible pour venir, de sa province éloignée, garder Chichou. Elle s'occupe de lui, partage ses centres d'intérêt, le sort par monts et par vaux.
En même temps, elle fait les courses dont on a besoin (elle s'en enquiert le matin). Toujours avec ses propres deniers, refusant obstinément les nôtres.

Toutes les chemises (à 80 % des bleues) de Mari sont repassées quand Nanny est à la maison. Ce qui n'est pas le cas sinon, donc.
A ses moments "perdus" dans la journée, elle lave le linge, l'étend, le repasse également. Voir la photo, qui m'a donné l'idée de l'article, en rentrant du travail. Sa genèse : Chichou dessine, Nanny repasse, tandis que je me suis assise sur la banquette. Ils me racontent leur journée, je prends cette photo.
Nanny, habile couturière (elle a fait des études pour), répare les trous de nos vêtements, refait les doublures, change les fermetures à glissière, remet des boutons à pression, rétrécit des jupes, fait des ourlets aux pantalons.
A l'occasion, elle nous mitonne pour le dîner les plats qu'on aime. Elle insiste toujours pour faire la vaisselle, histoire d'être utile et de ne pas rester sans rien faire.
Notons aussi qu'elle est savante bricoleuse. Elle a posé, toute seule, il y a quelques années de cela, le papier peint dans trois pièces de notre appartement (en une petite semaine).
Quand elle ne trouve plus rien à faire dans la maison, elle nettoie les balcons. L'année dernière, elle s'est occupée de garnir nos jardinières, elle a la main verte. D'ailleurs, elle a noté qu'en cette fin d'hiver il y avait de nouveau des choses à faire en la matière.
Et le mieux, ce sans quoi tout cela ne servirait à rien ou presque, c'est qu'elle n'émet aucune critique ni remarque désagréable, à notre sujet, sur notre façon de vivre ou/et notre mode d'éducation par exemple, bien au contraire. Elle ne fait que nous comprendre et nous approuver, voire nous féliciter, en tout cas nous respecter.
Ma belle-mère a trop souffert d'une belle-famille qui ne l'a pas bien accueillie. Elle s'est promis, quand ses fils étaient petits, de ne pas faire subir cela à ses futures belle-filles, et c'est plus que réussi, merci.
Débordante d'énergie, elle est toujours partante. Patiente, elle n'est pas contrariante. De caractère accommodant, elle se montre toujours contente. Jamais vu quelqu'un d'aussi positif. A croire qu'on a cassé le moule, comme on dit.
Quand elle s'en va, je me fais la réflexion que c'est sûr on n'est pas trop de deux femmes (dont une comme elle) - l'une au bureau l'autre au foyer, en alternance ce serait parfait - pour tenir la place que je tiens d'habitude toute seule.
En conclusion, je dis parfois à mon mari que si j'avais connu sa mère avant le mariage (mais je ne l'ai connue que plusieurs semaines après...) j'aurais pu l'épouser lui uniquement pour avoir une belle-mère comme elle...
En revanche, si j'avais connu son père... Mais ceci est une autre histoire.*
* Euh, je plaisante. Son père est quelqu'un de très bien aussi, et tout aussi volontiers serviable.




est l'exemple achevé de ce que pouvait être une grande paroisse parisienne sous l'Ancien Régime.








