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  • : A Paris et alentour, voire plus loin, écrits, photos, dessins, par Marie et ses chichoux.
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 22:11

  Il me souvient d'en avoir déjà, au moins une fois, parlé ici, j'ai tendance, depuis longtemps, non seulement à beaucoup garder, mais aussi à beaucoup noter. Ce que j'ai à faire, ce que j'ai fait surtout. Tendance qui s'est fortement confirmée avec l'arrivée des enfants, surtout concernant les choses vécues. Et d'autant que ce que je notais à mon propos est drôlement moins intéressant que ce que je note au leur. Ma mémoire me semble plutôt bonne, mais comme pour tout le monde, et sur la longueur de temps passé, plus ou moins défaillante. C'est pour ne rien oublier de leur petite enfance à nos côtés que je leur confectionne moult albums et autres cahiers, carnets, classeurs, etc.

  Sans parler donc des dessins, même les "grabouillages", même les "grabouillages" scannés. Sans compter les albums photos, qui au fil des mois et années prennent une place grandissante dans le meuble du salon. D'ailleurs cet emmagasinage, de choses et d'informations, est forcément envahissant. A défaut d'un château, je dois me contenter et tirer le meilleur parti des 80 m2 et d'une petite cave, espaces qui nous sont impartis, qui m'obligent parfois, rarement, car il faut du temps et de la concentration pour cela, à faire du tri.

  En ce moment, je suis sur plusieurs albums à la fois, dont L'année de mes 3-4 ans, malheureusement non réédité, je l'ai par chance trouvé sur Internet. Je l'ai déjà fait pour son frère (ainsi que les années 4-5 et 5-6, soit les trois années de maternelle) et m'en inspire un peu pour faire ceux d'aujourd'hui. C'est donc en relisant celui de son frère que je peux, c'est intéressant, mesurer les limites de ma/la mémoire, laquelle a une tendance avérée à la déformation (notamment une propension à l'exagération ou, à l'inverse, la minimisation), et apprécier à sa juste valeur et avec un certain contentement le travail fait.album année 3-4 ans

  Ainsi, quand l'un ou l'autre de mes enfants voudra savoir ce qu'il faisait tel jour à telle heure il pourra, en cherchant bien, le trouver quelque part dans nos archives familiales... En tout cas, il pourra certainement savoir à quel âge et où il a fait son premier tour de manège, information capitale s'il en est ! Ou quel nom il donnait à telle chose, autre information capitale. Les informations, biographiques ou liées, sont nombreuses (trop peut-être ?), multiples, variées. Et il y en a d'essentielles, voire de vitales, si si, je crois.

Le fait est que, avant toute chose, j'ai surtout, finalement, et passé le caractère obsessionnel de la tâche (allégée, je me suis un peu calmée), un réel plaisir à constituer (écriture, illustrations,...) cette mémoire papier et virtuelle à la fois. Mieux vaut sécuriser, je ne sors jamais sans mes clefs USB ! Et compatis grandement quand je vois des gens témoignant d'avoir tout perdu lors d'un incendie... Le fait est qu'il faut se détacher des biens matériels, dit-on, sans doute avec raison. Mais, mesure il faut garder : c'est facile à dire quand on ne valorise pas le souvenir. Matériel et spirituel sont intimement liés. Pas facile à faire quand on voit le premier comme un support concret du second. L'objet est sentimental par excellence, vous rappelle toujours quelque chose.

  De nombreux albums à remplir  soi-même ont été créés ces dernières années, la majorité inventifs et très jolis, en tout point réussis. Néanmoins, ils ont une fâcheuse tendance à ne pas être réédités. Ils sont dans l'air du temps (Notre société est individualiste, l'atteste notamment la large introduction dans les foyers du PC puis d'Internet et le nombre exponentiel de photos et d'écrits produits par chacun.), mais peut-être trop longs, parfois ardus, à réaliser (Dans ce monde de tous les possibles, le temps s'accélère, on lui court de plus en plus après et toute activité est perçue comme chronophage).

  Chez Virg*n, j'ai pu tout récemment constater qu'il y avait de plus en plus de livres, à des prix relativement accessibles, pour les jeunes filles créatives, livres exploitant et développant, parfois très finement et judicieusement, les thèmes de la cuisine, couture, du tricot, scrapbooking, ou autre. Des livres bien tentants, qu'on n'achète pas faute d'argent ou de temps pour en faire bon usage, ou faute d'envie tout simplement ! J'envie alors ceux/celles qui ont peu d'envies... Ça peut simplifier la vie aussi.

J'ai ouï dire d'une (il doit y en avoir plein ? d'autres) personne qui habitait un appartement épuré, tout blanc, sans grand-chose sauf le strict nécessaire pour vivre, et qui ne prenait jamais de photos. Même lors des voyages qu'elle faisait. Son principe fondateur étant "Carpe diem". Je le comprends très bien (ça doit être reposant) et suis sidérée tout à la fois. Car on est forcément, qu'on le veuille ou non, un être de mémoire et le nier n'est pas s'en défaire. 

Oups, faut que je commence mon

 "Journal des petites vacances de Noël 2011" là !...

  2011.12.13-A

  Grabouillage sylvestre

 

PS : Mari, c'est tout le contraire, il n'aspire qu'au vide, de l'esprit et de l'appartement...

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commentaires

Marnie 21/12/2011 11:12


Comme je te comprends !!!! je n'ai pas d'enfant donc ma manie "du devoir de mémoire" ne concerne que moi et mes proches, notamment mes grands-mères que j'ai interviewé camescope au poing,
 mais si j'en ai un jour (un enfant), je ferai comme toi... je te demanderai conseil car je n'y connais rien en matière de constitution de carnets et album de la vie de ses enfants.


Bref, comme toi j'ai peur de perdre ces traces, je veux savoir d'où je viens et préparer le souvenir de mes grands-parents et parents, j'accumule, je ne jette rien sans grosses tergiversations,
je ne peux pas concevoir de vivre ce "carpe diem" sans en garder de traces... mon agenda ne me sert pas à noter avant mes rdv, mais, après, ce que j'ai fait au fil des semaines, je fais des
photos tout le temps pour garder le moindre petit événement. Même si l'âge venant je me dis "à quoi bon"... surtout qu'on est pas sur d'avoir une descendance pour qui tout ça compte. Comme toi
j'ai peur de tout perdre et suis une pro de la sauvegarde et ne sort jamais sans mon disque dur quand je n'ai pas l'ordi. J'ai la terreur d'un incendie ou d'un voisin fou qui oublierait le gaz...
Bref, à billet long, commentaire long... merci pour ces réflexions qui rejoignent mes préoccupations 

Marie 02/01/2012 10:38



Ah oui, le "voisin fou qui oublierait le gaz" me fait peur aussi !... Surtout qu'on en a plusieurs potentiels. Et dans l'agenda je note aussi plus après qu'avant... Je suis heureuse de voir que
je ne suis pas seule. Et regrette de n'avoir pu filmer mes grands-mères témoignant de leur vécu (ô combien digne d'intérêt en plus). Il est sain de se demander "à quoi bon", mais normal aussi,
surtout quand on est historienne comme toi, de se préoccuper des archives anciennes, présentes, futures.



mab 20/12/2011 07:37


Ton billet me parle énormément, j'ai la même démarche que toi concernant mes petis. Je ne connais pas ces albums mais je vais m'y intéresser de très prés.

Marie 20/12/2011 09:02



Il existe un album de grand-mère (je crois qu'il vient juste d'être réédité - après avoir été quelques années épuisé), et ça permet de transmettre beaucoup d'histoires de ta famille, de ton
enfance, de ce que tu as fait avec tes parents, aimé, etc., qu'ils n'écoutent que d'une oreille si tu leur en parles aujourd'hui et qu'ils pourront relire plus tard quand ils seront plus grands.
Et l'album te donne des idées auxquelles tu n'aurais pas forcément pensé, te fait replonger dans tes souvenirs pour mieux les retransmettre à tes petits.