A Paris et alentour, voire plus loin, écrits, photos, dessins, par Marie et ses chichoux.


...A 8 h 30 ! Après c'est plus l'heure, pas la peine de tenter de forcer les portes qui seront fermées.
La cantine est un self, il va falloir apprendre à se débrouiller avec son plateau...
L'après-midi, les portes se rouvrent à 13 h 20 pour se refermer dès 13 h 30.
A 16 h 30 pile (Il faut bien régler sa montre !), c'est "la quille", pour les plus chanceux. On les attend dehors, on n'est pas convié à entrer (vu comment on ait accueilli on a, à force, de moins en moins envie d'entrer de toutes manières), surtout pas, ça ferait désordre. Si l'enfant reste pour le goûter (depuis le matin dans le cartable), à prendre dans la cour, puis à l'étude (payante) à partir de 17 heures, pour travailler pas pour rigoler hein, on ne peut pas le récupérer avant 18 heures. Pas question d'ouvrir les portes entretemps, trop de mouvement...
A partir de 16 h 31 donc c'est foutu..., y a plus qu'à attendre. Ce qui vous prive de votre enfant (qui aura été mis à l'étude, sans goûter, d'office), que vous n'avez pas vu depuis disons 9 heures (si vous êtes parti de chez vous à 7 h 30 - laissant à votre conjoint, qui commence plus tard - et donc revient du travail plus tard aussi -, le soin de s'occuper du bambin), un peu plus longtemps (inutilement - d'autant que les devoirs restent à faire à la maison...), vous raccourcit votre soirée en famille.*
A 18 heures, rebelote, pas question d'être en retard. Pire, si personne n'est là pour accueillir le détenu l'enfant à la sortie, il peut être, c'est le règlement légal, emmené au commissariat*... J'imagine la tête du chichou si pareille mésaventure lui arrivait... Et moi, en allant le récupérer, je me sentirais sûrement "mauvaise mère".
Les samedis matins, fini "l'oisiveté", on travaille aussi (à cette nouvelle le chichou est "plombé"), sauf les quelques samedis (ouf !) dits "libérés" (Le terme me semble très approprié !). Et les samedis comme les autres jours on travaille vraiment, on n'est pas là pour rigoler.
C'était le compte rendu à peine revu, pas du tout corrigé, de la réunion sur l'entrée en prison caserne CP (anciennement 11ème), première année de l'école primaire (ou élémentaire).
Ça donne envie, ça fait peur.
* Perso, je verrai mon fils au moins 7 heures de moins par semaine...
* Le parent est trop docile, trop bien élevé peut-être. J'imagine la tête du public que nous accueillons et servons (c'est un service public, à lui tout dévoué) au bureau si on tenait un discours si strict sur l'ouverture et la fermeture de nos portes, et si on l'appliquait, sans aucune souplesse, dans les faits en plus...