A Paris et alentour, voire plus loin, écrits, photos, dessins, par Marie et ses chichoux.
Il y a...
des chats errants qui ont trouvé refuge ici (alors que ma grand-mère n'aime guère les chats, elle leur préfère les oiseaux). Dont deux obèses (qui sont aux croquettes "light") et un sauvage.



Et il y a aussi un mouton, auquel Chichou a fait une maison...
Il y a des tas de DVD, dont voici une infime partie... Appartenant à mon oncle, cinéphile averti. Encore plus câlé qu'Eddy Mitchell, dans sa Dernière Séance, et fan absolu devant l'Eternel de Norma Jean.


Il y en a des achetés et des copiés grâce aux nombreux lecteurs DVD qui peuplent la maison, et que personne hormis l'intéressé ne sait utiliser...
Il y a un très grand écran.
Qui diffusait quand je l'ai photographié une émission sur les insectes, prêts à nous envahir. Un écran devant lequel Mémé passe trop de temps, presque tout son temps. Sans le regarder vraiment.
Il y a des tas d'albums photos.






Dans lesquels il y a des personnes en noir et blanc qu'on ne connaît plus (Est-ce la tante Louise, de Miliana, celle qui était directrice d'école, qui s'est faite portraiturer là ?). On y voit des photos de cousins qui habitent très loin et qu'on voit régulièrement et des qui habitent tout à côté et qu'on ne voit jamais, sur ces photos de famille et d'amis réunies, on se voit grandir et vieillir soi, on voit grandir des enfants, vieillir des gens qu'on ne connaît pas sinon à travers ces albums-là. On voit différents pays aussi. Et on voit évoluer, au gré des saisons et des années, le jardin d'ici, ses arbres, ses fleurs, et ses statues qui ne bougent pas.
Pour le déjeuner, on a acheté des douceurs, même si je sais que Mémé à tout a toujours préféré les fleurs. "C'est trop doux", a-t-elle souvent dit, écoeurée (elle ne disait jamais "c'est trop sucré"), elle qui aligne aujourd'hui une dizaine de morceaux de sucres près de sa tasse de café de fin de déjeuner.

Une tartelette aux fraises, un dôme blanc (à la vanille et au coeur praliné croustillant), un duo (vanille-chocolat) et un Chiboust pommes-Calva... Qu'on a partagés.
Et puis il y a...

Mémé qui longtemps n'a pas voulu s'aider d'une canne parce que ça faisait vieux a, pour se déplacer chez elle aujourd'hui, en plus de la canne jadis honnie un encombrant déambulateur. Mémé aimait faire les magasins, s'y fournir en sacs à mains, mais plutôt que marcher, jusqu'à il y a peu encore, elle préférait se "foutre à l'eau", comprenez passer du temps dans la mer. La Méditerranée comme la Manche, dans lesquelles elle nous a entraînés.
Elle a une vue perçante, une ouïe sans faille et toujours la même voix volontiers stridente. Etonnante. Nous "gratifiant" longtemps d'un "Bonjour mon chien !" quand on tardait à l'embrasser le matin, elle aime toujours autant les baisers et les câlins.
Amatrice d'opéra, elle a rêvé d'être pianiste et m'a donné mes premières leçons de piano, avec la Méthode rose. Et aussi quelques notions de tricot, et m'a fait goûter mes premières gouttes de café. Même qu'elle voulait faire goûter du Champagne à Chichou quand il n'était encore qu'un bébé allaité.
Mémé vit, dans sa tête, à Joinville, en Algérie, le pays de son enfance, celui de plus de la moitié de sa vie.
Mémé qui adorait, depuis toute petite, son mari et n'imaginait pas sa vie sans lui.
Mémé est toujours ici, avec nous, parce qu'elle aime la vie par-dessus tout.
Ces deux jours ont permis au chichou de renouveler la thématique de ses dessins...