A Paris et alentour, voire plus loin, écrits, photos, dessins, par Marie et ses chichoux.
Gare de Lyon, ses fresques, ses plafonds, ses quais, ses TGV.
Ce matin on a pris le métro, pas trop tôt, mais quand même avec ceux qui partaient au boulot. On a rencontré le gentil papa d'un de ses copains. Sa femme et lui sont bien embêtés parce que leur nounou a un cancer du sein. Trois ans qu'elle ressentait une douleur mais ne voulait consulter, son mari étant d'un cancer décédé... Résultat, un traitement de choc pour cet été : chimio, opération, radiothérapie. Quant aux grands-parents du dit copain, ils sont trop vieux, fatigués et malades pour s'occuper des petits-enfants.
C'est vers ses grands-parents, en bonne santé, touchons du bois, que je conduis Chichou ce matin. Avec eux il va prendre le train. Il a réclamé de mettre sa broche cerf-volant pour faire honneur à son Papy chéri, adepte de ce sport. Sur le chemin, détendu par ce départ vers le bon temps, il m'avait raconté une histoire, d'un Noël annulé, car un ours avait détuit le traîneau... Une bonne idée.
Ils nous attendent depuis longtemps, les yeux rivés sur le tableau d'affichage des voies des trains en partance. Je monte avec eux trois, les accompagne jusqu'à leurs places en carré, le temps de prolonger les bisous et les mots d'adieux ("Tu vas me manquer, mon chichou." "Toi aussi... Parce que j'ai besoin de te toucher tous les jours." "Tu pourras toucher Papy et Mamy." "Oui, mais ils sont moins doux que toi !"), le temps des dernières recommendations. "Vous en prenez soin comme de la prunelle de vos yeux !" "Plus, même !", rigole Papy. "Plus, oui, tu as raison." Chichou se prête volontiers au rituel des bisous envoyés avec la main derrière la vitre (miroir sale). Deux ados, derrière, en font moins pour leur mère à mes côtés, qui leur fait manquer les derniers jours d'école, car "il ne s'agit plus que de garderie", "il vaut mieux qu'ils soient au soleil". Et puis voilà Chichou heureusement distrait par Papy qui sort un carnet pour dessiner...

La ponctualité du départ du train est sans faille, à 9 h 34 les portes se ferment, le train démarre, plus d'espoir pour les retardataires, dont je ne vois pas l'ombre d'un. Ce train pour le sud, le soleil, la mer, rares sont ceux qui le ratent.
Edit de fin d'après-midi : j'ai appelé, ils sont bien arrivés, Chichou n'a pas eu sa glace, il n'y a personne sur la plage, il fait beau et chaud, Papy range, Mamy cherche son sac rouge, "Moi je fais un coloriage, allez, au revoir, à deux on raccroche !?" 1, 2, tchac !