A Paris et alentour, voire plus loin, écrits, photos, dessins, par Marie et ses chichoux.
Dès la première voire la seconde année de maternelle
les enfants déjà écoliers sont notés. Pas par des notes, en tout cas pas dans l'école que je connais, mais par des visages. Souriants, placides (un trait horizontal en guise de bouche), ou mécontents (les coins de la bouche tombant), selon le degré de réussite dans leurs activités. Ça n'a l'air de rien, mais pour les enfants, c'est pire que des notes. Car pour eux les visages sont autrement plus parlants que des 10/10, 20/20 ou autres A, B et C. Autrement dit, si la maîtresse ou le maître dessine sur leur travail terminé un visage souriant (voire très souriant) ils sont fiers d'eux. Si le visage dessiné est moins satisfait ils en sont chagrinés. Un peu ou fortement. Bref par le système des notes tout petits ils sont marqués.


Auprès de mon enfant j'essaie de relativiser l'impact de la notation. Depuis que je suis sortie de l'école, personne ne m'a jamais demandé de lui montrer les notes que j'y avais eues. D'ailleurs, mieux, on ne m'a jamais demandé de voir mes diplômes (on m'a rarement demandé, notamment dans le cadre professionnel..., lesquels j'avais) ni même leurs photocopies.
Chichou n'aime guère l'école, mais aime bien jouer à la maîtresse (c'est moi) ou au maître (c'est lui). D'où ces visages dessinés.

Ah, quand j'étais petite je voulais devenir institutrice plus tard. Elle y fait de très intéressantes propositions pour que les petits et grands enfants s'épanouissent dans un système scolaire mieux adapté. Des propositions prometteuses qui n'ont jamais été prises en compte, malheureusement.
Aujourd'hui, toujours d'ailleurs, parfois.
Mais il faut lire Dolto ("La cause des enfants", Press Pocket, 1985, p. 399 à 435*) pour voir quel beau métier ce pourrait être.